LA FDI – PAS EN CHINE CETTE ANNÉE MAIS TOUJOURS DANS LE MONDE ENTIER LA FDI – PAS EN CHINE CETTE ANNÉE MAIS TOUJOURS DANS LE MONDE ENTIER

LA FDI – PAS EN CHINE CETTE ANNÉE MAIS TOUJOURS DANS LE MONDE ENTIER

Publié le 21 mai 2020.

Le 26 mars dernier, alors que la pandémie de Covid-19 frappait l'Europe de plein fouet, la Fédération dentaire internationale (FDI World Dental Federation) annonçait officiellement à ses 200 associations nationales membres l'annulation de son congrès annuel qui devait se tenir à Shanghai, Chine, en septembre 2020. Ne perdant pas de vue sa mission première – "être le porte-parole de la profession dentaire et conduire le monde à une santé bucco-dentaire optimale" – , elle a néanmoins poursuivi à distance ses travaux. Trois membres de la délégation française siègent dans divers comités de la Fédération. Ils font le point sur l'avancement des projets, en particulier sur les déclarations de principe actuellement en cours d'examen par les associations membres.

De nombreuses déclarations résultent de projets menés par les comités permanents de la FDI – notamment le Comité scientifique, le Comité de la Pratique dentaire ou encore le Comité Santé publique – tandis que d’autres sont produites en collaboration avec des organisations telles que l’Organisation mondiale de la santé. Chaque année, la délégation française est appelée à donner son avis sur les modifications à apporter aux déclarations de principe de la FDI sur lesquelles travaille l’ensemble des Comités de la FDI. Elle reste extrêmement vigilante sur le contenu et la forme de ces déclarations et ses remarques sont, pour la plupart, toujours retenues lors de la mise au vote des modifications au Congrès annuel.

Focus

Les déclarations de principe sont rédigées au moyen de consultations, discussions et consensus entre des experts dentaires de premier plan du monde entier.

Voir toutes les déclarations

LE POINT AVEC NOS 3 EXPERTS

Philippe Calfon, Président du Comité scientifique.
Philippe Calfon, Président du Comité scientifique.

Le Comité scientifique prépare des déclarations de principe ainsi que des synthèses scientifiques qui sont publiées dans l’International Dental Journal dans le but d’améliorer le transfert de connaissances et d’informations scientifiques et leur diffusion auprès de la profession dentaire.

Notre comité a finalisé cette année deux déclarations de principe, l'une en collaboration avec l'ISO, sur les lampes à photopolymériser, l'autre sur les fentes labio-palatines.

Une déclaration sur les lampes à photopolymériser était nécessaire car le marché a complètement changé avec l’utilisation des LED, cette technologie étant très accessible financièrement et plus facile à mettre en œuvre que les halogènes. L'offre s'élargit avec la multiplication de fabricants qui, pour certains, proposent des lampes avec des puissances extrêmes et donc dangereuses et pour d'autres, avec des LEDs dont le spectre d’émission plus réduit ne permet pas de polymériser correctement tous les composites. Cette déclaration de principe envoie un signal fort aux régulateurs du marché : l’ISO et les organismes d’autorisation de mise sur le marché, afin que la qualité et la sécurité de ces équipements soient assurés, y compris pour les accessoires de sécurité comme les écrans de protection fournis avec les lampes et qui ne font l’objet d’aucune obligation d’efficacité pour le moment.

Quant aux fentes labio-palatines, elles appelaient une déclaration car l'organisation des services, de la prise en charge des patients, est essentielle, du fait de son aspect multidisciplinaire et de la durée très longue du suivi (de l'enfance à l'adolescence). Il s'agit donc d'aider les pays où cette organisation n'est pas encore en place. Il est même envisagé l'aide à la mise en place de réseaux (pour prise en charge par des experts) en fonction des moyens des pays, y compris de réseaux virtuels.

Le comité scientifique publie également cette année un livre blanc sur la prescription des antibiotiques en médecine bucco-dentaire, dans le cadre de la volonté, partagée par l’OMS, de réduire le risque d’antibiorésistance grâce à une meilleure utilisation des antibiotiques par les chirurgiens dentistes. Une page du site internet de la FDI est désormais consacrée aux ressources mises à disposition régionalement, nationalement et internationalement pour mieux prescrire selon les circonstances locales.

Les forums du comité scientifique qui devaient être consacrés à l’antibiorésistance et à l’utilisation des lampes à photopolymériser sont reportés à l’année prochaine.

Sophie Dartevelle,  vice-présidente du Comité de la Santé publique.
Sophie Dartevelle, vice-présidente du Comité de la Santé publique.

Le Comité de la Santé publique (anciennement Comité du développement dentaire mondial et de promotion de la santé) initie, développe, coordonne et évalue des programmes stratégiques pour améliorer la santé bucco-dentaire et la santé générale des populations défavorisées, via notamment un fonds dédié, le Fonds de développement dentaire mondial, dont il assume la gestion.

En 2020, nous avons porté trois sujets de déclaration de principe à l'attention des associations membres de la FDI : le recrutement éthique de dentistes volontaires, l'amélioration de l'accès aux soins dentaires et la médecine bucco-dentaire du sport.

Le Comité de la pratique dentaire contribue à l’élaboration des prises de position sur la pratique (déclarations de principe), à l’analyse et au transfert des informations relatives à la pratique odontologique et à la profession dentaire. Il se concentre sur cinq domaines essentiels, à savoir la qualité des soins et les normes de formation, la gestion de la pratique, le personnel, l’éthique, la législation dentaire et les technologies.

La déclaration sur le recrutement éthique détaille les règles de conduite des bénévoles et des organismes qui les recrutent. Elle précise aussi toutes les obligations à respecter pour assurer la protection des droits des professionnels de santé bénévoles et de leurs patients, ainsi que la pérennisation de l'accès aux soins là où les services de bénévoles sont mis en place.

Cette volonté de pérennisation est développée et affirmée dans la déclaration sur l'amélioration de l'accès aux soins bucco-dentaire. 
Celle-ci :
− met en avant l'énorme impact économique, social, sanitaire des pathologies bucco-dentaires et leur effet délétère sur la qualité de vie,
− explore tous les obstacles à leur prise en charge
− et milite pour un accès aux soins égal pour toutes les populations.

Si la santé bucco-dentaire fait partie intégrante de la santé générale, elle a nécessairement un impact sur les performances sportives. C'est tout l'objet de la troisième déclaration présentée cette année qui vise à mieux informer pour promouvoir l’intégration des soins bucco-dentaires et des chirurgiens-dentistes dans la médecine du sport et souligner l’importance pour les athlètes d’avoir et de maintenir une santé bucco-dentaire optimale.

En parallèle des déclarations de principe, le Comité de la Santé publique travaille sur d'autres sujets primordiaux en ce début de XXIe siècle, notamment le vieillissement de la population et la prise en charge de la santé bucco-dentaire des personnes âgées, et des personnes réfugiées.

Roland L'Herron,  membre du Comité de la pratique dentaire et président du groupe de travail sur la qualité en médecine bucco-dentaire.
Roland L'Herron, membre du Comité de la pratique dentaire et président du groupe de travail sur la qualité en médecine bucco-dentaire.

Le comité s’est penché essentiellement cette année sur la rédaction d’une déclaration de principe pour lutter contre l'exercice illégal de la médecine bucco-dentaire.

L'augmentation de la demande en soins bucco-dentaires et en interventions esthétiques donne lieu à une mercantilisation effrénée, de sorte qu'il nous a semblé indispensable de définir clairement la limite entre les actions liées au bien être et l'exercice illégal. Les enjeux sont considérables, tant pour la profession que pour la sécurité des patients. L'objectif principal étant d'appeler les autorités nationales à empêcher les personnes et/ou organisations de fournir des traitements dentaires si elles n’y sont pas autorisées ou habilitées par un organisme officiel.

L'un des grands dangers de l'exercice illégal est bien entendu l'absence de qualité. Or la qualité en médecine bucco-dentaire mérite d'être définie et promue. C'est la tâche que s'est donnée le groupe de travail dédié, qui réfléchit en ce moment à la constitution d’une boite à outils regroupant des méthodes et des outils à mettre à disposition des associations nationales – mais également des autres parties prenantes que sont les institutions, les organismes de financement, …  – pour leur permettre d’entrer dans la démarche Qualité et d’améliorer ainsi en permanence la qualité des soins  aux patients  quels que soient leurs besoins, leurs ressources et leurs objectifs.

Toujours sous l’égide du comité de la pratique dentaire, un groupe travaille sur le développement durable en dentisterie.

Focus

Fondée le 15 août 1900 à Paris, ce qui explique la déclinaison française de son sigle, la Fédération Dentaire Internationale est une des plus anciennes organisations internationales de professionnels de santé du monde.

C’est aujourd’hui une organisation non gouvernementale reconnue, établie à Genève (Suisse) et qui entretient des relations officielles avec l’Organisation des Nations Unies (ONU) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Elle collabore étroitement avec l'Organisation Internationale de Normalisation (ISO), l'Association Internationale pour la Recherche dentaire (IADR), l'association des industries dentaires internationales (IDM), etc.

La Fédération compte environ 200 associations membres représentant plus d'un million de chirurgiens-dentistes dans plus de 130 pays.

Ses missions :
• Être le porte-parole mondial, autorisé et indépendant de la profession dentaire.
• Promouvoir une santé bucco-dentaire et une santé générale optimales pour tous.
• Aider ses Associations membres à améliorer l’aptitude de leurs adhérents à fournir des soins bucco-dentaires au public.
• Faire progresser l’éthique, l’art, la science et la pratique de l’odontologie, et promouvoir ces aspects.

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