Un métier bientôt plus musclé

Publié le 15 avril 2022

En projet depuis plus de 5 ans, la création du statut d’“assistante dentaire de niveau 2” semble cette fois connaître une véritable avancée. Un premier consensus s’est récemment dégagé avec notamment la liste des compétences associées, les formations amenant à ce nouveau titre et même une piste pour un nouveau nom !

Vous avez dit AMBD ?

Les assistantes dentaires de niveau 2 pourraient être dénommées AMBD, acronyme pour “Assistante en Médecine Bucco-Dentaire”. Ce nouveau nom appartient à la liste des points qui ont récemment fait consensus en Commission paritaire pour l’emploi et la formation professionnelle (CPNE-FP) de la branche des cabinets dentaires libéraux, instance composée de représentants des syndicats salariés et patronaux (CDF, FSDL et Union Dentaire). Au-delà du nom, la liste des compétences et le principe général de formation conduisant à ce nouveau statut ont également été validés et fait aussi consensus auprès de l’ensemble des structures professionnelles (ADF, Conseil National de l’Ordre, sociétés savantes).

Une avancée significative et fortement espérée après des années de discussion au sein de la profession dentaire. Si une dynamique avait commencé à se mettre en place avec le ministère de la Santé et des Solidarités, elle a malheureusement été stoppée par la crise du Covid-19.

Lors du congrès 2021 de l’ADF, Doniphan Hammer, membre de la CPNE-FP et 1er vice-président des Chirurgiens-dentistes de France, a déclaré que plusieurs rencontres avaient été organisées avec les députés en charge de cette question. ”Les référentiels sont prêts mais ce n’est plus de notre ressort. La balle est dans le camp du gouvernement et du ministère. La campagne présidentielle est une fenêtre de tir pour faire avancer ce dossier. L’enjeu de la santé et de l’accès aux soins sera, je l’espère, un point-clé des programmes de nos candidats.”

Un chirurgien-dentiste qui restera très présent

L’AMBD devra toujours être sous la responsabilité et le contrôle effectif du chirurgien-dentiste. Son travail s’effectuera sur sa prescription et uniquement sur des dents saines. 

L’AMBD pourra ainsi réaliser les actes suivants :

  • Pré-consultation : renseigner le dossier médical, remplir le schéma dentaire après examen buccal, s’assurer du consentement éclairé du patient, éduquer à l’hygiène bucco-dentaire, prescrire du matériel permettant le contrôle de plaque…
  • Actes prophylactiques : appliquer gels et vernis fluorés sur tissus sains, sceller des sillons, réaliser un détartrage supra-gingival et un polissage…
  • Actes prothétiques : nettoyer des prothèses (extra-oral), remplacer un pansement provisoire, préparer des modèles d’études en plâtre, réaliser des gouttières, former les patients à la mise en place et à l’entretien des prothèses amovibles…
  • Actes ODF (orthopédie dento-faciale) : faire l’essayage de gouttières de transfert et de gouttières passives, contrôler l’intégralité des attelles et les recoller, poser des séparateurs, déposer arcs et ligatures…
  • Actes radiographiques : réaliser des radiographies intrabuccales de diagnostic, extra-buccales (panoramique, téléradiographie avec doses inférieures à 30 mSVt), faire des photographies intra et extra-orales…
  • Actes de chirurgie : préparer, conseiller et accompagner le patient avant et après l’acte opératoire, gérer l’asepsie intra et extra-orale, assurer une surveillance post-chirurgicale, contrôler l’hémostase post-chirurgicale, retirer des fils…
  • Parcours du patient : présenter des plans de traitement et des devis, éduquer à la santé bucco-dentaire individuelle et collective (Ehpad), former des aidants, éduquer à la santé après formation (addictions, obésité, etc.), contrôler et évaluer des séances d’hygiène et de contrôle de plaque…

Et côté formations ?

Le récent consensus porte également sur le parcours de formation. Les assistantes dentaires avec au moins 2 ans d’expérience pourront suivre une formation de 700 à 800 h en alternance pendant 24 mois, dont 2 mois intensifs (hors cabinet). Pour la théorie, la formation sera basée sur un tronc commun de 3 blocs (médecine bucco-dentaire, prophylaxie, imagerie) ainsi que d’1 unité complémentaire minimum à choisir parmi les 4  proposées : chirurgie, ODF (orthopédie dento-faciale), endo-paro et prévention.

Les titulaires d’une licence option santé pourront également prétendre à ces formations ainsi que les diplômés d’État (infirmier, etc.) après 6 mois de stage en cabinet comme assistante dentaire (niveau 1) et une évaluation. Les hygiénistes de l’Union européenne obtiendront directement le titre d’AMBD après contrôle (notamment concernant le niveau de langage et les compétences) d’une commission assistant dentaire spécifique.

Si les avancées sont notables, plusieurs questions restent néanmoins en suspens, telles que le nombre d’AMBD à former chaque année pour couvrir au plus juste les besoins, le financement de la formation, le nombre d’AMBD par praticien ainsi que le niveau de rémunération. Le sujet est donc loin d’être clos !

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